Psycho-émotionnel et stress

Psycho-émotionnel et stress

Pour la plupart des gens, le stress est une maladie des temps modernes.

Or, déjà,  les hommes préhistoriques ressentaient les effets du stress lorsqu’ils chassaient le mammouth ou l’ours.

Face au danger, le cerveau libère des hormones permettant une mobilisation intense de l’énergie  et une augmentation de la force musculaire. Ainsi, toutes les créatures vivantes connaissent des états de stress et mettent en place des mécanismes d’auto-protection et d’adaptation : érection des poils, chair de poule, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire… et tous ont deux réactions possibles , le combat ou la fuite. Ces mécanismes sont inscrits dans notre patrimoine génétique.

Sur le plan biologique, le stress implique le système nerveux. En complémentarité avec le système nerveux cérébro-spinal qui commande les réactions et déplacements de l’être humain, un second système nerveux gère les fonctions vitales de l’organisme, le système neurovégétatif ou autonome. Ce dernier est le garant des fonctions homéostasiques c’est-à-dire les constantes physiologiques telle que la respiration, les battements cardiaques, la pression sanguine mais aussi de la détoxination, le métabolisme,  la croissance, la régulation de la température interne ainsi que les taux d’acidité et alcalinité.

Le système neuro-végétatif a recours à deux systèmes qui agissent l’un par rapport à l’autre: le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

– le premier situé dans la partie latérale de la moelle épinière, produit de l’énergie et joue un rôle de protection et d’alerte. Il régule la pression sanguine des artères par des mécanismes de vasoconstriction et de vasodilatation. Il agit par l’intermédiaire de deux médiateurs chimiques, l’adrénaline et la noradrénaline.

– le deuxième, parasympathique, constitué par un ensemble de nerfs issus de la région cérébro-spinale, se met en action lorsque l’organisme est au repos. Son rôle est d’alimenter l’organisme, d’assurer le métabolisme et de restaurer l’énergie. Son médiateur chimique est l’acéthylcholine.

Un stress permanent conduit à l’épuisement du système sympathique et à l’hypertonie du système parasympathique, ce déséquilibre inhibe le métabolisme. L’aptitude à gérer le stress varie selon les individus, leur environnement, leur milieu familial, leur passé, mais aussi, leurs gènes et leur terrain biologique.

En effet, face à un événement similaire, une personne peut ressentir de l’excitation ou de l’euphorie et l’autre un grand malaise; toutefois sur le plan physiologique,  les modifications chimiques sont les mêmes : augmentation de la pression sanguine, accélération des battements du cœur, et de la respiration, afflux d’hormones vers certains organes.

Les réponses de l’organisme au stress sont multiples et ses manifestations extérieures peuvent être différentes: afflux de sang au visage, ou au contraire visage pâle, sueurs tremblements mains moites.

D’autres symptômes comme une sensation d’oppression dans la poitrine, un nœud dans l’estomac peuvent se manifester, sans oublier les crises de tétanie, spasmophilie, tachycardie. Si le stress est fort, des problèmes digestifs sont susceptibles d’apparaître très rapidement, aérophagies, diarrhée ou constipation, gastrite, ulcère, anorexie-boulimie.

Sur le plan postural qui nous intéresse, le stress a un gros impact sur le plus gros carrefour neurologique du corps : la bouche.

En effet, cette sphère orale, constituée de trois composantes:

–  les articulations temporo-mandibulaires ( mâchoires), la composante mécanique la plus délétère sur la posture

– la langue ( 27 muscles)

– les muscles peaussiers du visage ( muscles sous hyoïdiens, massétériens).

Ces muscles sous l’effet du stress vont être anormalement sollicités : deux pathologies différentes vont apparaître:  le serrement de dents  ou clenching et le grincement de dents ou bruxisme. Elles vont grandement participer au déréglage postural.